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Cette rubrique a pour vocation
de situer le contexte général du milieu
de la parfumerie et de la cosmétique.
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Parfum
d'Histoire
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Retrouvez l'histoire de la collection,
André Cognat dans la rubrique exposition.
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Les origines du parfum remontent à l’antiquité.
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3.500 ans d'histoire !
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Du latin per-fumum, signifiant " à travers la fumée ", il a joué un rôle
dans toutes les civilisations passant du sacré au profane. |
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Chargé de transporter les prières des hommes jusqu’aux dieux ou
instrument privilégié de la séduction, son histoire, passionnante, est
liée au plus près à l’histoire des mœurs et des idées, chaque époque
privilégiant une manière de se parfumer, une senteur parmi d’autres. Il
a également suscité, à travers les siècles, une incroyable production
d’objets précieux et raffinés en albâtre, faïence émaillée, céramique,
verre, métaux ouvragés dont le luxe n’a d’égal que la beauté.
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Le parfum tire ses origines de l’égypte,
il y a 3.500 ans. D’abord cantonné au rôle sacré d’offrande aux dieux,
il devient très logiquement un élément fondamental de l’embaumement.
Peu à peu, il fait son entrée dans le monde profane, paré des vertus
qui lui viennent de son utilisation sacrée : purification,
thérapeutique, apaisement, envoûtement, séduction. La première
véritable eau de toilette, le Kyphi, composée de résine de thérébinthe,
de souchet, de raisins secs, de joncs odorants, de vin, de miel, de
myrrhe, de safran et de cannelle, est ainsi appréciée et réputée pour
ses vertus apaisantes.
Les
égyptiens s’ornent de petits cônes d’essence balsamique qui, en
fondant, parfument le visage. Les égyptiens maîtrisent déjà deux
techniques d’enfleurage pour recueillir le parfum l’une, faisant
macérer les plantes odorantes dans de l’huile avant de recueillir le
liquide en essorant les plantes dans un linge, l’autre par trempage des
pétales de fleurs dans de la graisse.
D’abord conservé dans des récipients de terre cuite, les égyptiens optent pour des flacons en albâtre, en onyx ou en porphyre.
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Les grecs, héritiers des égyptiens,
utilisent le parfum pour rendre hommage aux guerriers morts. Il est
également présent dans la vie quotidienne, comme source d’agrément
(lors des banquets, dans le bain) et comme thérapie pour soigner la
peau, préserver de l’ébriété, soigner les muscles des athlètes. Les
techniques d’enfleurage, héritées des égyptiens, sont améliorées par
l’ajout d’épices, de gommes, de baumes et d’huiles parfumées issues de
la macération des fleurs, dans des vases spéciaux en bronze remplis
d’huile ou de graisse liquide. Les
grecs améliorent également le contenant grâce à la technique du verre
soufflé, développée en Syrie vers 50 av JC. Donnant ainsi aux flacons
des formes élaborées d’oiseaux ou d’animaux de toutes sortes... et,
grâce aux moules, reproductibles à l’infini.
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A Rome, le parfum a de multiples usages.
Sacré pour rendre hommage aux dieux, il trouve aussi une utilisation
massive dans la vie quotidienne des romains : bains parfumés, massages,
soins de la peau… et comme parfums d’ambiance. Le funeste empereur
Néron utilisant même un baume à base d’encens, aux vertus
régénératrices, pour éliminer les traces de ses nuits d’orgie.
L’importance du parfum confère à Rome le titre de " capitale du parfum
" et lui permet de s’enrichir grâce au commerce des plantes, fleurs,
graines... L’industrie se développe autour des onguents, des pommades
et des pâtes parfumées et de l’ancêtre du savon, le sapo, pâte
moussante à base de graisse de chèvre et de cendres de saponaire. Les
flacons de verre romains ont des formes variées. Très beaux et très
travaillés, ils coûtent chers et sont le privilège d’une élite. Les
flacons en faïence sont réservés à la classe moyenne romaine.
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Au Moyen-Age…
L’art du parfum progresse grâce aux arabes, ce qui leur vaut de
devenir, pour plusieurs siècles, les maîtres incontestés de la
parfumerie. Ils inventent, en effet, la technique de la distillation,
introduisent la culture des plantes à grande échelle et trouvent de
nouvelles substances odorantes, comme le musc.
Cependant
la montée du christianisme s’accompagne de la régression de
l’utilisation des parfums et des cosmétiques. Des plantes odorantes et
médicinales « les simples » demeurent cependant dans les jardins des
couvents.
Il
faut attendre que les croisés reviennent d’Orient avec, dans leurs
bagages, des huiles, des potions et des senteurs nouvelles pour
réintroduire dans toute l’Europe un véritable engouement pour les
parfums. En1190, le privilège du commerce des parfums est attribué aux
gantiers, enviés par les merciers. En1594, un édit interdit de
s’intituler parfumeurs ; vingt ans plus tard, les gantiers
reconquièrent le droit de s’appeler " parfumeurs ", à condition de ne
vendre que des produits de leur fabrication.
Le
parfum est utilisé sous toutes ses formes : poudres, lotions. Ils sont
réputés pour leurs vertus purificatrices. La puanteur est, en effet,
supposée transporter les miasmes ; le parfum, en s’infiltrant dans le
corps, est sensé guérir toutes les maladies (y compris les tumeurs).
Mais il est aussi un outil de séduction : les femmes n’hésitent pas à
glisser dans leurs vêtements des sachets de poudre d’Iris.
Les
flacons sont de métal émaillé ou réalisés en verre soufflé de Venise
(selon des techniqus orientales utilisées à Murano et donnant au verre
un aspect blanc laiteux ou à filligranes) et de Bohême aux formes
originales, même si héritées de la tradition vénitienne.
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La Renaissance constitue
une époque transitoire dans l’histoire du parfum. Catherine de Médicis
lance vraiment la mode du parfum à Paris. Des progrès techniques
importants sont faits dans le domaine de la chimie permettant
d’améliorer la distillation et la qualité des essences. La ville de
Grasse assoit sa renommée sur les gants de cuir parfumés, alors très en
vogue, et développe une industrie qui lui offre le titre de " Capitale
mondiale du parfum ", quelle conserve encore de nos jours.
Dès
le XIIe siècle, Grasse noue des liens commerciaux avec Gênes et
l’Espagne. Avec l’invention de l’imprimerie de nombreux ouvrages
techniques livrent des recettes d’eaux odoriférantes, à base florales
ou animales, pour le corps, la maison mais aussi des parfums secs
destinés aux pommes de senteurs, aux gants et aux ceintures.
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A la fin du XVIIe siècle,
la tendance est aux senteurs naturelles et champêtres : eau de mille
fleurs, Eau divine… mais surtout eau de Cologne très réputée pour ses
vertus thérapeutiques. Un siècle plus tard Napoléon Bonaparte utilise
chaque jour une bouteille en frictions.
Parallèlement
la mise au point du cristal de plomb permet la création de flacons en
cristal enserrés dans des montures en or, en bois ou en cuir.
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Au XVIIIe siècle,
la France domine le monde du parfum avec Grasse et Paris où les plus
grands parfumeurs des cours d’Europe, tel Jean-François Houbigant, se
sont installés. La distillation et l’enfleurage à froid sont inventés.
La cour de Louis XV est qualifiée de " cour parfumée ". Il est de bon
ton de changer de parfum tous les jours et d’avoir gants et vêtements
parfumés. Les femmes raffolent des poudres, pendentifs, boîtes
bergamotes " orangettes " obtenues à Grasse avec l’écorce de bergamote.
Vers la fin du siècle, Marie-Antoinette relance la mode des senteurs
champêtres, fraîches et naturelles.
Les
contenants précieux envahissent les boudoirs et les tables de toilette.
Les nécessaires de beauté, boîtes à mouches, pommanders deviennent de
véritables œuvres d’art. Le flacon émaillé est peint ou en porcelaine
de Sèvres, de Chelsea et de Meissen à partir de 1720. Cette manufacture
propose aux dames des flacons en forme de gourde ou de balustre,
illustrés de scènes de genre ou de chinoiseries. Sous
l’influence du sculpteur Joachim Kaendler des flacons anthropomorphes
sont créés. Le verre reste cependant privilégié. A l’époque, contenu et
contenant sont encore vendus séparément. Le parfumeur fournit ses
créations dans des fioles toutes simples. Les clientes transvasent les
jus dans des flacons ouvragés.
La Révolution Française
porte un coup funeste à la parfumerie. Balayant tout ce qui peut
rappeler le faste de la cour de Louis XVI… et ceci malgré la création
de parfums aux noms évocateurs : « Parfum de guillotine », « A la
Nation ». Il faut attendre le Directoire pour voir le retour à une
frénésie de luxe et de parfum.
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Au XIXe siècle, le
parfum redevient le centre des préoccupations des dames. L’impératrice
Joséphine lance la mode des senteurs exotiques comme la vanille ou la
cannelle, qui lui rappellent son enfance créole. Sous la Restauration
les senteurs légères et douces sont plébiscitées. Durant ce siècle des
maisons de parfum, encore en activité aujourd’hui, sont créées : L.T
Piver en 1813, Guerlain en 1828, Molinard en 1849, Roger et Gallet en
1862, Bourjois en 1868 et Coty en 1898.
Le
XIXe est le siècle où l’activité de la parfumerie prend vraiment son
essor et entre dans l’ère de la modernité. Les " jus " sont désormais
moins éphémères et de meilleure qualité. Mais le parfum reste un luxe
(plus coûteux qu’un bijou).
La
Révolution Industrielle, vers 1850, provoque une mutation profonde dans
le mode du parfum avec l’invention de la méthode d’extraction par
solvants volatils (dont le brevet est détenu par le grassois Léon
Chiris), et celles des composants synthétiques pour reproduire des
substances naturelles, comme la vanilline (vanille), la coumarine (fève
tonka) ou la ionone (violette) et de créer de nouvelles odeurs. La
fabrication devient industrielle permettant enfin, aux classes moyennes
d’accéder au parfum. De grandes maisons se développent, comme Guerlain,
qui fonde sa notoriété sur " L’eau de Cologne impériale ", qui a
conquis l’impératrice Eugénie en calmant ses migraines. La prestigieuse
maison est également à l’origine du premier parfum moderne. En effet,
les parfumeurs ne créent que des parfums soliflores ou à note unique.
En 1889, Aimé Guerlain révolutionne la parfumerie avec " Jicky ",
premier parfum alliant avec subtilité essences naturelles et produits
de synthèse où est pris en compte le fait que les odeurs s’évaporent à
différentes vitesses : la note de tête (composée des essences qui ne
durent que quelques minutes), la note de cœur (les éléments
essentiels), et la note de fond (senteurs persistantes et fixateurs).
Cette architecture pyramidale va rapidement devenir le modèle dominant.
Il impose néanmoins la mise en bouteille à l’usine.
Le
flacon se doit désormais d’être beau et séduire l’acheteur. Le parfum
ne peut plus être transvasé. Les parfumeurs font appel à de véritables
artistes pour créer leurs flacons. Ils deviennent des écrins
emblématiques de fragrances. Baccarat est la première cristallerie à
répondre à ces nouveaux besoins. De cristal clair ou émaillé, chacun de
ces flacons révèle la sophistication extrême des techniques de décor.
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Avec le XXe et l’Art Nouveau, la
parfumerie a le souci exacerbé de la beauté du flacon. En 1907,
François Coty, pour qui le flacon doit être une véritable œuvre d’art
et refléter la qualité de son contenu, s’associe au verrier René
Lalique pour la commercialisation du parfum " Ambre Antique ".
Après la première guerre mondiale vient la période des années folles,
marquées par la course à la modernité, la recherche de la nouveauté et
de l’exotisme. L’Art Déco succède à l’Art Nouveau. Paul
Poiret, qui a déjà libéré la femme du corset et impose le parfum comme
partie intégrante de la parure féminine, crée " Rosine " (du nom de sa
fille aînée), dont il dessine lui-même les flacons.
Il est bientôt imité par un grand nombre de couturiers, qui offrent de
petits flacons en cadeau à leur clientèle, puis à vendre des parfums
portant leur griffe : " Arpège " de Lanvin, créé en 1927 par André
Fraysse, au fameux flacon boule noire ; le mythique " N°5 " de Chanel,
créé en 1921 par Ernest Beaux, et qui reste aujourd’hui le prototype
des parfums aldéhydés ; " Shocking " de Shiaparelli en 1930, en forme
de buste de femme. Les flacons sont de plus en plus ouvragés et originaux. En 1925, à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs sont représentés les plus grands parfumeurs français : Coty
et ses superbes flacons Lalique, les parfums de Rosine, L.T Piver, et
surtout Guerlain, qui présente à l’occasion son légendaire " Shalimar "
dans un flacon signé Baccarat. Le parfum XXIII de Delettrez est
présenté dans un faux collier de 13 perles de taille décroissante, dont
11 sont de petits flacons placés à l’envers dans l’écrin, les deux
perles extrêmes étant factices; en 1938 la maison Varva (New-York) sort
" suivez-moi ", dont le flacon est une bague portant une grosse perle.
Tout récemment, le parfumeur-joaillier Boucheron a repris l’idée du
flacon-bijou avec " Jaïpur ", au flacon en forme de bracelet, et tout
récemment avec " Initial ", " le parfum-perle ".
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La Libération
marque le début d’une nouvelle ère pour la parfumerie. Celle de
l’abondance et de la variété de création.1945 est marquée par la sortie
de nombreux parfums célébrant la victoire :
"L’Heure
attendue" de Patou, "Cœur joie" de Nina Ricci, "Le Roy soleil" de
Schiaparelli, au flacon dessiné par Salvador Dali. Une nouvelle vague
de couturiers-parfumeurs déferle sur la France : "Vent Vert" de
Balmain, "Ma griffe" de Carven, "Bandit" de Piguet, l’intemporel "Air
du Temps" de Nina Ricci et "Miss Dior" de Christian Dior.
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Les années 70/80
marquent le début d’une très grande diversité olfactive. La décennie 70
voit un attrait marqué pour l’Inde, les gourous et la religion : les
senteurs orientales comme le santal, le musc ou le patchouli sont à la
mode, et les parfumeurs suivent le mouvement : Lancôme , avec "Magie
Noire", Guy Laroche avec "J’ai Osé" et "Opium" d’Yves Saint-Laurent…
Le
choc pétrolier et la crise économique, après 1974, teinte la période de
pessimisme et d’une certaine agressivité, confirmée par l’avènement des
yuppies et des working-girls : " Poison " de Dior, " Obsession " de
Calvin Klein.
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Avec les années 90,
la parfumerie est entrée dans l’ère de la mondialisation : 10 groupes,
représentant 80 marques, se partagent 60% du marché mondial :
Lancaster/Coty qui, en rachetant Unilever, est devenu leader mondial de
la parfumerie (avec des marques comme Elizabeth Arden, Cerruti, Calvin
Klein, Chopard, Joop...), LVMH (avec Dior, Givenchy, Kenzo, Loewe et
surtout Guerlain) et l’Oréal (avec Armani, Cacharel, Lancôme, Lanvin,
Ralph Lauren, Paloma Picasso).
Le
marketing fait partie intégrante du processus de commercialisation.
Avant on ciblait les coeurs, désormais on a des coeurs de cible. Le
flacon doit être original et attrayant, la publicité d’une grande
qualité artistique et la marque souvent représentée par une star. La
distribution d’échantillons, de miniatures et de cartes parfumées font
la joie de collectionneurs et retiennent le consommateur. Le parfum est
entré dans l’ère du zapping où les créations, parfois très éphémères,
prolifèrent pour une consommation de masse et non d'exception. Il n’y a
plus de réelle tendance, la grande diversité olfactive permet aux
femmes d’adapter leur parfum à leurs envies. Et les flacons... ?
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